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Né à Constantinople, de
nationalité française, le 28 janvier 1908, Paul Misraki compose dès
l'âge de 7 ans une valse que sa mère note sur du papier à musique.
Il effectue ses études au lycée
Janson de Sailly où il fait la connaissance de Ray Ventura qui, déjà, a
créé un petit orchestre amateur de jazz.
Paul Misraki consolide ses
connaissances musicales auprès de Charles Koechlin et rejoint bientôt
son camarade Ventura qui, avec ses "collégiens", commence une
carrière originale de chef d'orchestre où les sketches et les
divertissements interprétés par les musiciens eux-mêmes se succèdent
à un rythme effréné. Il entre dans la troupe comme second pianiste et
surtout comme compositeur-arrangeur-orchestrateur.
En 1935 il compose la célèbre
chanson "Tout va très bien, madame la Marquise" Suivront
" Insensiblement ", " Sur deux
notes " et des dizaines d’autres
" tubes ". Le compositeur écrira de nombreuses
chansons pour Ray Ventura, notamment celles de plusieurs films musicaux
interprétés par les "Collégiens" : Feu de joie
(1938), Tourbillon de Paris (1941), Mademoiselle s'amuse
(1947), Nous irons à Paris (1949), le mieux réussi, et Nous
irons à Monte-Carlo (1951).
Si une première opérette de
jeunesse, Amandine (écrite à l'âge de 16 ans), est restée dans
un tiroir, la seconde Normandie (1936) connaît un vif succès aux
Bouffes-Parisiens.
Pendant les années d'occupation,
Paul Misraki, né dans une famille d'origine juive, s'expatrie en
Amérique du Sud puis à Hollywood où il s'efforce de populariser la
chanson française.
En 1942, à Rio de Janeiro, il
écrit la musique de scène d'une nouvelle présentation de On ne
badine pas avec l'amour que lui demande Louis Jouvet alors en tournée
en Amérique du Sud. L'année suivante, il compose Si Eva se hubiese
vestido ("Si Eve avait été vêtue"), une comédie musicale
qui obtient un grand retentissement en Argentine où elle est créée.
La paix revenue, Paul Misraki
retrouve la France où il compose bientôt la musique du Chevalier
Bayard, opérette qui réunit notamment Yves Montand, Ludmilla
Tcherina, Félix Oudard et Henri Salvador. Les textes sont de Bruno
Coquatrix et André Hornez. Excusez du peu! Et pourtant cette belle
production ne tient pas l'affiche bien longtemps l'affiche du théâtre de
l'Alhambra.
C'est comme compositeur de musique
de films que les dons mélodiques de Paul Misraki firent merveille. On lui
doit la musique de plus de 160 longs métrages pour les plus grands
metteurs en scène : Les Orgueilleux (Allégret), Montparnasse
19 (Becker), Monsieur Arkadine (Welles), Et Dieu créa la
femme (Vadim), Les Cousins (Chabrol), Alphaville
(Godard)... Films gais, films policiers, films sentimentaux, films
historiques, composer pour le cinéma était une passion pour Misraki
lequel savait chaque fois s'adapter à une situation nouvelle.
Paul Misraki a également à son
actif une œuvre littéraire importante à laquelle il a consacré tout
son temps au cours des dernières années de son existence.
De ce grand musicien, qui est décédé le 30 octobre
1998, à Paris, Reynaldo Hahn a pu écrire, lors de la création
de Normandie :
"Que Paul Misraki soit un musicien doué, cela saute aux yeux et
aux oreilles..."
Jean-Claude Fournier
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