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Henri
Genès, disparu le 22 août 2005, était un méridional bon teint. Né le 2
juillet 1919 à Tarbes, il a fait ses études au lycée de la Ville tout en s’intéressant au
rugby (il jouait deuxième ligne) et à la chanson. Il remporta régulièrement
des concours d’amateur dans sa région natale avant de décider de devenir
professionnel malgré les réticences de son père qui aurait voulu le voir
devenir professeur de latin.
Son
bac dans la poche, il part en vacances à Hossegor où, avec une bande de
copains, il participe à des spectacles de variétés. Sa première spécialité :
comique troupier.
Il
est remarqué par le baryton Robert Jysor qui se rend à Tarbes pour demander à
M. Chaterret père de ne pas contrarier un talent si prometteur.
Ses
débuts sont retardés par la déclaration de guerre. Il reste trois ans sous
les drapeaux. Il s’installe alors à Paris où il débute au théâtre. En même
temps, il se produit dans plusieurs cabaret dont « Tonton » et au
music-hall.
On le rencontre dans plusieurs établissements de la région
parisienne (il partage parfois l’affiche avec Bourvil), puis à Pacra, enfin
à Bobino où Jacques Hélian et son orchestre tiennent la vedette.
Il
devait d’ailleurs écrire plusieurs chansons pour ce dernier dont « Joséphine »
ou pour son propre compte : « La tantina de Burgos ».
Il
continue le tour de chant, se spécialisant dans la chanson comique parfois
exotique (« Le facteur de Santa-Cruz »).
Il
est en tournée à Casablanca lorsqu'un télégramme lui demande de rentrer en
métropole pour créer
Quatre jours à Paris (rôle de Nicolas,
1948). C’est lors des répétitions de cette opérette qu’il rencontre celle
qui sera souvent sa partenaire sur scène et à l’écran et sa compagne à la
ville : Jeannette Batti. Avec cette dernière, il créera en 1949 Monsieur
Bourgogne également de Francis Lopez. Puis L’école des femmes
nues de Henri Betti (1950).
Ray
Ventura l’engage pour 5 films : La
petite chocolatière (1949), Nous
irons à Paris (1949, une des rares réussites du cinéma musical français
de cette période), Pigalle
Saint-Germain-des-Prés (1950), Nous
irons à Monte-Carlo (1951) et Femmes
de Paris.
Au
cinéma, on le verra encore dans Les amants
de Bras-Mort (1950, auprès de Nicole Courcel), La reine Margot (1954, auprès de Jeanne Moreau), Trois
de la Canebière (1956) et Trois de la
Marine (1957) auprès de Marcel Merkès.
En
1958, il crée Coquin de Printemps de
Guy Magenta (Européen) mais, devenu paralysé de la face, il doit céder la
place à Fernand Sardou.
Enfin
rétabli, il repart courageusement en commençant par le tour de chant. Sa santé
s’améliorant encore, il assure une tournée de Coquin de printemps. Il créera encore dans la capitale Cristobal
le magnifique de Lopez (1963).
En
opérette, sa carrière se poursuivra en province où il interprétera La
route fleurie et Mam’zelle Nitouche. Il créera ensuite Viva Napoli ! auprès de Rudy Hirigoyen (Lille, 1969) puis plus
tard C’est pas l’Pérou de Jack
Ledru (Lille, 1976).
Plus
tard encore, il inscrira à son répertoire le rôle de Bistagne dans L’auberge
du Cheval Blanc et celui du curé dans Méditerranée.
On
le retrouve au cinéma dans Le Corniaud,
La Grande Vadrouille et la plupart des films interprétés par Louis de Funès.
Bien plus tard ce sera Le provincial
auprès de Roland Giraud. À la Télévision, il obtient de bons rôles dont Nans
le Berger et Fini de rire fillette.
Au
théâtre, il interprètera Le marché aux
puces et Les Coucous, sa
partenaire étant une fois encore Jeannette Batti.
Une
carrière bien remplie, un talent d’amuseur certain, même s’il ne faisait
pas toujours dans la dentelle. S’il n’a pas accédé à une notoriété
comparable à celle de Bourvil ou de Louis de Funès, Henri Genès a connu un succès indiscutable tout au long d’une carrière où sa truculence méridionale
a pu s’épanouir librement.
Jean-Claude Fournier
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