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Alibert & Jenny Hélia
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C'est avant tout aux talents conjugués de Vincent Scotto et d'Henri
Alibert que l'on doit, au début des années trente, la naissance puis le
rayonnement de l'opérette marseillaise.
Entourés de quelques auteurs et
interprètes venus eux aussi de l'incontournable Canebière - ou de
ses environs - ils surent apporter à une capitale bientôt conquise,
une nouvelle recette de dépaysement empreinte d'une atmosphère de
gaîté, d'insouciance, de farniente, le tout enrobé de ces expressions
et de cet "assent" si chers à Pagnol.
C'est d'ailleurs Marcel Pagnol qui,
d'une certaine manière, est à l'origine de l'opérette marseillaise. En
effet, le triomphe de Marius (Théâtre de Paris, 9 mars 1929)
donna à Alibert et Scotto l'idée de profiter de cet engouement subit des
Parisiens pour le Midi.
Et, le 26 avril 1932, Henri Alibert
monte sur la petite scène du Moulin de la Chanson, La Revue
Marseillaise qui, sur des musiques de Vincent Scotto et des textes de
René Sarvil et Antoine Mars, réunit sur scène Jenny Hélia, Gorlett,
Delmont, Edmond Castel, Alibert lui-même et quelques autres gloires du
midi méditerranéen.
Pantalons blancs
et chemises Lacoste - comme s'ils s'apprêtaient à commencer une
partie de pétanque - Georges Sellers et ses musiciens donnaient le
ton.
Le soir de la première, le Tout Paris complété par le Tout
Marseille est là, emmené par un Marcel Pagnol enthousiaste... si
enthousiaste qu'il sera souvent présent au cours de la série de
représentations.
La Revue Marseillaise refuse du
monde et, malgré son succès, est remplacée le 22 octobre 1932 par Au
Pays du Soleil. L'opérette marseillaise est née !
Son âge d'or se prolonge une
quinzaine d'années grâce à des ouvrages qui sentent bon le soleil, la
mer, le pastis et la lavande... Plusieurs d'entre-eux eurent la
consécration cinématographique.
Après 1945, les Français se
prennent à rêver de rivages plus lointains et font fête à des ouvrages
qui les transportent sous d'autres cieux ensoleillés : L'Espagne ou
le Mexique. L'exotisme marseillais en pâtit d'autant que ses deux
principaux protagonistes disparaissent à quelques mois d'intervalle au
début des années cinquante.
Plus de créations alors, mais un
répertoire qui se maintient longtemps, surtout grâce à la trilogie
constituée par Un de La Canebière, Au pays du Soleil et Trois
de la Marine. Aujourd'hui, seul Un de La Canebière est encore
régulièrement inscrit au répertoire des théâtres de France.
La première
opérette marseillaise, Au Pays du Soleil, a permis à ses auteurs
de faire connaître les coins et décors pittoresques de Marseille qui
vont de la rue Fortia à Notre-Dame de la Garde, en passant par le marché
aux fleurs du Cours Saint-Louis, la fête locale de Saint-Giniez ou les
bas-fonds de la cité Phocéenne, tels qu'ils se présentaient au cours
des années trente.
La création a donc lieu le 22
octobre 1932 au petit théâtre du Moulin de la Chanson (200 places). On
refuse du monde chaque soir et les protagonistes se mettront rapidement en
quête d’établissements plus importants. À partir du 3 janvier 1933,
la pièce sera ainsi successivement jouée à Bobino, au Pavillon, à
l'Européen, à l'Empire, aux Folies Wagram et sur la scène de l'Ambigu
Comique (dernière représentation le 26 novembre 1933).
La musique composée par Vincent
Scotto comporte quelques airs qui ont connu un succès durable :
"Miette", "J'ai rêvé d'une fleur", "La Valse à
petits pas", "Zou, un peu d'aïoli" "Un fondu, un momo"
et, bien entendu, "Au Pays du Soleil". |